Peintures

" Cette œuvre de la lumière manifestant dans le visible la beauté extraordinaire et poignante de la nature sauvage m’a donné de pressentir, dans ma chair, cet invisible caché dans l’étrangeté mystérieuse du monde.
Cette vision d’un seuil - à la rupture du visible et de l’invisible, là où passe la vie – révèle des énergies potentielles, des résonances et des interférences, source de mon inspiration et de mes impressions.
Peindre m’apparait alors comme l’entrée en contact de cet événement essentiel qu’est la pure épreuve de soi, épreuve de cet être surgissant des abîmes - cette expérience - que l’on nomme " œuvre ".
L’enjeu de cette mise à nu de l’essentiel, que tente d’exprimer ma quête intérieure, a formé, pas à pas, mon esthétique picturale. Ma démarche cherche à s’ancrer et se réfléchir dans le monde de l’histoire de l’art, tant par ses œuvres que par ses questionnements.

L’intelligibilité de ma recherche liée à l’expression de ma sensation s'unissent pour se condenser esthétiquement dans l’acte pictural. L’élaboration de mon langage plastique est l’émanation de ce monde déroutant, impressionnel que j'ai défini par le concept de l’Interstice de la chair.
L’Interstice de la chair  est un lieu de voyage initiatique. Il est traversé par le flux  des forces du visible et de l’invisible; il secrète la substance  de la plasticité de ma peinture et de son devenir, construisant et dissolvant, pour toujours renaître dans de nouveaux états. C’est également le lieu dialectique du " chiasme (croisement) et (du) zeugme (union des contraires) du visible et de l’invisible ". Cet Interstice est une interface où la chair invisible se vit, s’éprouve et se métamorphose pour apparaître dans la lumière en une résurgence du visible.

Par lui, s’engouffre le souffle créateur de l’imagination, lieu matriciel de captation et de capture du mouvement originaire de notre incarnation, laboratoire de ma vision".

Françoise Bagnéres

Matière-Lumière

«».

Voyage initiatique, capture

Hamlet demande à la reine : « Ne voyez-vous rien là ? Et celle-ci de répondre : « Rien du tout, pourtant tout ce qui est, je le vois ».
William Shakespeare
Plus

Something wild

« Je sentais que je touchais seulement l’enveloppe close d’un être qui par l’intérieur accédait à l’infini ». 
Marcel Proust
Plus

Résonances intérieures

« Ce que j’essaie de vous traduire est plus mystérieux, s’enchevêtre aux racines mêmes de l’être, à la source impalpable des sensations ». 
Paul Cézanne
Plus

Chiasme et zeugme

« Mon corps (…) tient les choses en cercle autour de soi, (…) elles sont incrustées dans sa chair ». 
Maurice Merleau- Ponty

Plus

Impression, captation 

« Chaque seconde, chaque respiration est une œuvre qui n’est inscrite nulle part, qui n’est ni visuelle, ni cérébrale ».
Marcel Duchamp
Plus

Interférences

« La peinture pense. Comment ? C’est une question infernale. Peut-être inabordable pour la pensée ». 
Georges Didi-Huberman
Plus

Sensation, passage

« Vivants, nous sommes des êtres de l’invisible. Nous ne sommes intelligibles que dans l’invisible, à partir de lui ». 
Michel Henry
Plus

Seuil, rupture, visible, invisible : l’Interstice de la chair 

«  Puisque le visible total est toujours derrière, ou après, ou entre les aspects qu’on en voit, il n’y a accès vers lui que par une expérience ».
Maurice Merleau-Ponty
Plus